Sciences, technologies et société: Guide pratique en 300 questions

sciences technologie sociétéSortie du livre de Michel Wautelet et Damien Duvivier, "Sciences, technologie et société. Guide pratique en 300 questions".

Nous vivons incontestablement dans une société où les sciences et les technologies jouent un rôle essentiel. Il est donc nécessaire que chacun puisse se faire une idée, personnelle, mais justifiée. Mais, entre le spécialiste, le technicien et le citoyen, une étape est généralement manquante : on trouve peu de données utiles. C'est le point de départ de cet ouvrage : associer des connaissances suffisantes de notions fondamentales de sciences à des données techniques afin d'en savoir plus sur une technologie donnée ou un problème scientifique complexe.

C'est donc au travers de 300 questions et réponses que le lecteur pourra appréhender des thématiques aussi diverses que le bâtiment, l'informatique, les énergies ou encore les transports. Ce livre s'adresse à plusieurs catégories de lecteurs. Tout d'abord, aux enseignants, qui trouveront des données numériques, des formules de base pour illustrer leur cours de sciences. La volonté de cet ouvrage est de démontrer qu'il est possible d'appréhender des problèmes de société majeurs, à partir de notions scientifiques vues dans le secondaire. N'est-ce pas une voie à suivre pour recréer une dynamique nouvelle dans l'enseignement des sciences, et pour montrer aux enseignants et aux jeunes l'utilité des cours de sciences ? Ensuite, au citoyen désireux de se faire une opinion sur certains thèmes à caractère technoscientifique. Au curieux aussi, qui veut savoir sur quoi reposent différentes technologies, quels sont leurs liens et implications avec la société.

La plupart des réponses aux 300 questions qui suivent sont donc accessibles au plus grand nombre, ce qui fait de cet ouvrage un guide pratique à l'usage de tous !

La croissance du pétrole de roches mères américain compense la mollesse de la production dans le reste du monde.

production mondiale de pétrole brut

Dans un article intéressant, Matt Mushalik a suivi l’évolution de la production mondiale de pétrole brut. Le pétrole brut (définition EIA) représente environ 85% de la production tous liquides, et depuis  janvier 2010, la production mondiale a augmenté de 3 Mb/j pour s’établir à 76 Mb/j, soit une hausse de 4%. Cette hausse est entièrement due à la contribution des Etats-Unis, grâce au pétrole de roches mères.

Le reste du monde est sur un plateau.

Mushalik a réparti la production mondiale selon trois groupes de pays producteurs : les pays en déclin géologique, les pays en croissance, et les pays « géopolitiques » c.-à-d. dont la production est affectée par les événements géopolitiques (Libye, Iran, Nigéria) plus l’Arabie Saoudite. Cette division donne une bonne illustration des forces en présence contribuant au phénomène de pic pétrolier : un mélange de facteurs physiques, économiques, mais aussi géopolitiques.   

Il faudra en particulier prêter attention aux facteurs géopolitiques. Leur influence s’accroît à mesure que le pic pétrolier est franchi, et ils camouflent les facteurs physiques. Les fluctuations quotidiennes des prix et les difficultés de production sont en effet davantage attribuées aux facteurs géopolitiques qu’aux facteurs physiques. Depuis deux ans, ils sont pourtant du même ordre de grandeur selon Mushalik. 

Parlons gaz de schiste en 30 questions

parlons gaz de schistePierre-René Bauquis a sorti un livre qui reprend en grande partie les informations qu'il a présentées quelques mois auparavant au Parlement wallon sur les gaz et pétrole de roches mères. Dans ce livre, il présente le gaz et le pétrole de schiste, ses réserves, ses conditions d’exploitation et ses apports d’un point de vue énergétique et économique. 

Pics pétrolier et gazier algériens -- 2 mai 2013

Un article du 06 mars 2013 (Maghreb Emergent) évoque à nouveau le déclin de la production pétrolière et gazière algérienne. Pour contrer ce déclin, certains misent sur les gaz et huiles de schiste, mais les taux de déclin étant élevés, le solaire pourrait concurrencer le shale gas dans la production d’électricité, et la rente pétrolière et gazière diminuerait. On peut imaginer les conséquences vu que les hydrocarbures représentent bon an mal an près de la moitié du PIB, deux tiers de la fiscalité publique, la quasi- totalité des exportations (Amor Khelif).  

Comparons une analyse de Jean Laherrère de la production et consommation de gaz naturel algérien (hors shale gas) effectuée en 2007, et les prévisions de l’IEA (WEO2005). Jean Laherrère prévoyait un pic entre 2010 et 2020, l’IEA prévoyait un doublement de la production pour 2030, sans pic en vue. Il faudra peut-être attendre encore quelques années pour confirmer avec certitude le déclin gazier algérien, mais jusqu’à présent, c’est le scénario de Jean Laherrère qui se réalise.

 Laherrère

Quant aux prévisions d’exportations de gaz, les divergences se passent de commentaires :

L’IEA (WEO2005) prévoyait des exportations de gaz naturel algérien en croissance de 130% d’ici 2030, sans pic en vue.

Jean Laherrère, sur base de prévisions de consommation BP, estimait que l’Algérie perdrait progressivement ses exportations d’ici 2045 (différence entre la courbe bleue de production et la courbe bordeaux de consommation, Figure ci-dessus).

Les estimations BP de croissance de la consommation intérieure de gaz naturel sont cependant trop faibles : de 24 Gm3/an en 2007 à environ 32 Gm3/an en 2040, soit 0,9% de croissance annuelle. D’après l’article de Maghreb Emergent, la Sonelgaz prévoit que 130 Gm3/an seront consommés en 2040 pour faire face à la demande électrique de l’Algérie, soit au moins deux doublements de la consommation actuelle (28 Gm3/an en 2011, BP). Regardez où se situe 130 Gm3/an sur le graphique de Jean Laherrère. Ca semble énorme, mais ça correspond à une croissance de la demande de 5,4% par an. Un rapport de la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG) algérienne datant de 2008 (Rapport de la CREG) s’attend effectivement à l’horizon 2017, à obtenir une demande intérieure comprise entre 49,6 et 67,1 Gm3/an. En extrapolant la courbe de consommation entre aujourd’hui et 2040, on se rend compte que le croisement des courbes de production (de Jean Laherrère) et de consommation aurait lieu vers 2030, c.-à-d. que l’Algérie deviendrait importatrice de gaz naturel dans environ 20 ans. C’est aussi ce qu’indique l’article de Maghreb Emergent.

Ces préoccupations sont reprises dans un autre article, du 03 avril 2013 (Le MatinEn résumé, avec la récente déclaration du PDG de Sonatrach en date du 24 février 2013 qui annonce que l’Algérie n’a plus que 2000 milliards de mètres cubes de gaz traditionnel [officiellement, les réserves prouvées sont de 4500 Gm3, et ce chiffre est inchangé depuis 1999, BP], (pour le gaz de schiste à quel coût le produira-t-elle), étant admis pour le pétrole, ayant moins de 1% des réserves mondiales qu’elle sera importatrice horizon 2020, pour le gaz conventionnel, l’Algérie au vu de la forte consommation intérieure (doublement de la consommation horizon 2017 avec la production d’électricité à partir des turbines de gaz) et des exportations extrapolées, sera importatrice de gaz conventionnel horizon 2025/2030 au moment où la population algérienne sera d’environ 50 millions d’habitants.

L’économiste algérien de l’énergie, Amor Khelif, cité dans l’article du Maghreb Emergent, a été directeur des études économiques à la Sonatrach, directeur général de l'Institut national des hydrocarbures et consultant au cabinet du Ministre de l'Energie. Il est à présent responsable scientifique chargé des hydrocarbures à l'Observatoire Méditerranéen de l'Energie - OME à Sophia-Antipolis, France, et Directeur Associé du Centre d'Etudes Prospectives, Stratégiques et économiques sur l'Energie (CEPSE, Paris). Vous trouverez ici l’une de ses analyses.  

Enquête Publique

En 2013, le parlement wallon lançait une enquête qui visait à évaluer l’influence du pic pétrolier sur l’économie, et inversement, le rôle des facteurs économiques sur l’état de la production pétrolière.

L’enquête avait également pour but d’évaluer les implications d’un pic pétrolier mondial.

Consultez le mini-site entièrement dédié à l'Enquête Publique

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