L’OPEP et le pic pétrolier - situation avril 2013

Jusqu’à récemment rarement abordé par les pays membres de l’OPEP, le pic pétrolier fait à présent son entrée dans les discussions.

Ce fut d’abord au tour de l’Algérie, en février 2013, à l’occasion de l'anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. Les journaux locaux rapportent que la production d’hydrocarbures algérienne étant tendanciellement en baisse, la question est de savoir s’il s’agit d’un effet temporaire ou si les contraintes physiques liées aux ressources commencent à l’emporter. Mourad Preure, un ancien cadre de la Sonatrach qui a fait ses études à l’IFP, y aurait affirmé que le pic pétrolier mondial est une réalité, soulignant que l’augmentation des réserves mondiales ne vient pas de découvertes mais plutôt de reclassement de réserves.

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Puis le 16 avril lors de la 17ème journée de l’énergie qui s’est tenue à la Sonatrach, l’organisateur de la journée, Chems Eddine Chitour, professeur de thermodynamique à l’Ecole Polytechnique d’Alger et ingénieur de l'Ecole Polytechnique d'Alger de l'IFP, a confirmé le déclin de la production de pétrole et la nécessité d’une stratégie pour mettre en oeuvre un développement durable. Le quotidien l’Expression rapporte que

Les notions de "peak oil", pic de production autrefois ignoré, et de seuil de dépassement "overshoot day", s’imposent comme une réalité inéluctable", souligne l’organisateur des Journées de l’énergie qui n’a cessé depuis des années de répéter que l’heure de la fin du pétrole a sonné, d’où "la nécessité, voire l’urgence pour l’Algérie de mettre en oeuvre une stratégie pour assurer un développement durable multidimensionnel à l’horizon 2030 en insistant sur la nécessité de tourner le dos aux énergies fossiles, de mettre en place une réelle politique d’économie d’énergie, évaluée à plus de 20%, d’aller sans tarder vers un plan Marshall d’énergie renouvelable..." a de nouveau préconisé le directeur du Laboratoire de valorisation des énergies fossiles à l’Ecole polytechnique d’Alger. Si la transition énergétique n’est pas anticipée, elle sera subie de manière chaotique et provoquera des conséquences économiques désastreuses.

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 Le 03 et 04 avril 2013, la Qatar a tenu à Doha une conférence intitulée « Peak Oil: Challenges and Opportunities for GCC Countries ». Les organisateurs sont l’“Arabic and International Relations Forum” et le “Qatar Environment and Energy Research Institute”. Voir http://fairforum.org/oil/en/. La conférence a traité notamment des difficultés économiques et sociales liées au pic pétrolier, de la rareté des ressources, de l’évolution de la production US et de son impact sur le marché mondial du pétrole, et des méthodes de liquéfaction du charbon et gaz pour atténuer les pénuries de pétrole.

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Le thème du pic pétrolier est également abordé de temps en temps par Al Jazeera, par exemple ici et

 « L’économie entière de la civilisation industrielle est basée sur une ressource finie qu’on traite comme si elle était infinie ».

 « Avec la perspective du pic pétrolier qui affecte déjà certains pays du Golfe, une diversification vers les sources d’énergie renouvelable pourrait procurer des bénéfices économiques ».