Le symbolisme russe : «La Rose bleue»

Le symbolisme est un courant qui a connu son essor à la charnière des XIXe et XXe siècles. La version russe de ce courant artistique reflète les tendances européennes. Toutefois, les artistes de ce pays ont également apporté au symbolisme une teinte et des traits qui leur étaient propres. Les particularités du folklore russe, notamment son décorativisme flamboyant, ainsi qu’un profond sentiment religieux s’y retrouvent. Un lyrisme léger, un esprit rêveur et une certaine intimité sont les caractéristiques intrinsèques du symbolisme russe.

Le symbolisme était une réaction idéaliste au matérialisme du XIXe siècle, époque qui, vers la fin, était prise en tenaille entre antagonismes profonds et conflits sociaux. Mais il n’y a qu’en Russie que ces oppositions ont atteint un degré d’intensité tel qu’elles ont éveillé au sein de la société un désir irrépressible de changement. C’est durant cette période que l’art russe a pris conscience de sa capacité à changer la vie. Et c’est après cette prise de conscience que les artistes se sont donné pour mission de magnifier la réalité ambiante.

Dans l’histoire du symbolisme russe, il existe deux étapes, appelées « vagues ».

La « première vague » a vu le jour à la charnière des années 1880 et 1890. Elle se présentait comme une manifestation spontanée néoromantique. La volonté de cette première génération de symbolistes de s’éloigner de la réalité quotidienne de leur temps s’est exprimée de différentes manières. Certains ont pris la littérature romantique et le folklore national pour modèle, d’autres ont été influencés par les origines de la Russie, d’autres encore ont puisé leur inspiration dans les idéaux religieux et moraux. Beaucoup se sont tournés vers le théâtre. Ce qui leur importait, c’était d’essayer par ces moyens de recréer le monde qui les entourait, modelé selon les canons de la Beauté et les lois du Grand Art.

Sariane

Les peintres du mouvement « la Rose bleue », Pavel Kouznetsov, Piotr Outkine, Alexandre Matveïev, Martiros Sariane… , sont les représentants de la « deuxième vague ».

Ces artistes partageaient le même désir de marquer une rupture avec l’ancien système d’enseignement de l’art, basé sur une approche naturaliste, en lui opposant un art inspiré. Leurs œuvres représentent un monde qui prend ses racines dans le subconscient, s’exprimant à travers les songes, les visions et les rêves : c’est un monde bleuté et éthéré. A la
différence de leurs aînés, les « jeunes symbolistes » étaient en quête de principes fondamentaux communs et d’un langage inhérent à ce mouvement. L’unité des sujets, du coloris et des procédés artistiques de « la Rose bleue » reflète cette recherche collective.

Le coloris est l’essence même du symbolisme puisque ce dernier le définit comme le principal moyen d’expression de la peinture en tant qu’art plastique.

Dans les oeuvres de « la Rose bleue », c’est effectivement le bleu clair qui est porteur de sens ; ce bleu synonyme de spiritualité était associé à la profondeur infinie du Ciel et de l’Eau.

Kouznetsov

 

Traduction russe ► français effectuée par les étudiants de Première Master de la Faculté de Traduction et d’Interprétation – Ecole d’Interprètes Internationaux de l’Université de Mons, sous la direction de A.Delizée.

Traduction : Robin Avignon, Pierre-Henri Calmant, Morgane Delcroix, François Fontaine, Gil Georis, Aude Gilson, Aurore Gilson, Laetitia Grard, Jérémie Gueben, Anna Lel, Marie Piérard, Angélique Rousseau, Heodez Viseur, et Carola Weis

Révision : Robin Avignon, Laetitia Grard et Marie Piérard

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