Appel à contributions

A quelles questions cherchons-nous réponse ?

Tous les trois ans, les associations française, belge et suisse de recherche en éducation (AECSE, ABC-Educ et SSRE) organisent un congrès international d’Actualité de la Recherche en Éducation et en Formation (AREF). La quatrième édition de ce congrès se tiendra à Mons (Belgique) du 4 au 7 juillet 2016.

Ce congrès francophone s'adresse à toute personne menant un travail de recherche dans le cadre de sa profession ou de son engagement (enseignant-e-s-chercheurs-es, membres de services d'étude, chercheur-e-s, etc). L'AREF est ainsi un lieu d'échange ouvert à toutes les disciplines et à tous les thèmes relatifs à l'éducation ou à la formation. Il se structure en un grand nombre de symposiums thématiques, complétés par des conférences plénières et des tables rondes. Le but est de faire le point sur les travaux les plus récents au sein de la francophonie.

Chaque chercheur-e est invité-e à présenter ses recherches en cours ou terminées, selon le dispositif classique d'une communication d'une vingtaine de minutes où sont présentés le contexte, la problématique, les référents théoriques, la méthodologie et les résultats.

Le thème transversal de cette édition est quant à lui traité dans les conférences et tables rondes, mais aussi dans les symposiums : il est en effet demandé de consacrer 30 à 60 minutes au traitement de ce thème dans chaque symposium, et de réserver une part marginale de chaque communication au thème transversal.

Thème transversal : À quelles questions cherchons-nous réponse ?

Avec un tel titre, les participant-e-s sont invité-e-s à compléter la présentation et la discussion de leurs recherche par une démarche réflexive à propos de leurs questions de recherche : quels processus et facteurs les ont conduits à se poser les questions qu'ils/elles se posent ? Pour qui ces questions sont-elles pertinentes ? A quels enjeux sont-elles liées ? Le congrès AREF 2016 invite donc les acteurs à se poser des questions sur leurs questions de recherche, dans une triple démarche de compréhension, d'évaluation et de proposition.

Comprendre

Le contexte sociétal et les conditions de travail du chercheur ou de la chercheuse, tant autant que les paradigmes de sa discipline, son réseau d'interactions, ses sources de financement, son histoire personnelle et ses valeurs structurent son questionnement. Les questions qu'il ou elle se pose ne viennent pas de nulle part. Elles ont une genèse, trop peu souvent interrogée et investiguée. Une genèse souvent complexe, difficile à démêler, faite notamment d'acteurs, de contextes et de paradigmes, en plus de paramètres plus personnels.

Des acteurs d'abord, puisque, presque toujours, l'autonomie du chercheur ou de la chercheuse en matière de définition des questions de recherche n'est que partielle. Il/elle doit en effet composer avec des demandes et des attentes plus ou moins explicites et contraignantes, qui peuvent d'ailleurs se révéler en tension voire en contradiction entre elles. Il n'est pas certain en effet que les demandes et attentes des financeurs, des évaluateurs, des collègues, des "sujets" de recherche… et des chercheur-e-s mêmes soient concordantes. Comment l'équipe de chercheurs composent-elle avec ces souhaits divers ? Comment les hiérarchise-t-elle ? En quoi les interventions de ces divers acteurs l’amènent-elle à appauvrir le questionnement de départ, ou au contraire à l'améliorer, l'affiner, le réorienter positivement ? Comment se "jouent" ces "négociations" plus ou moins explicites ? Comment les chercheur-e-s s'arrangent-ils avec les cadrages que d'autres leur proposent ou tentent de leur imposer ?

Les contextes dans lesquels évoluent les chercheur-e-s ne sont pas non plus sans impact sur les questions qu'ils se posent.

  • Le contexte sociétal, d'abord, qui, à l'heure actuelle, se caractérise par de profondes évolutions propres à renouveler en partie les enjeux et à faire émerger de nouveaux défis. Les apprenant-e-s changent, tout comme les contextes d'éducation et de formation, et ces changements ouvrent potentiellement de nouvelles questions de recherche.
  • Le contexte scientifique évolue également. Spécialisation, internationalisation, anglicisation, évaluation systématisée  de la recherche et des revues, mise en compétition des centres de recherche et des chercheur-e-s sont quelques-unes des évolutions qui modifient le contexte de travail de recherche et font peser de nouvelles contraintes sur les personnes qui y sont engagées, y compris (voire surtout ?) sur la manière dont elles se posent des questions et sur la nature des questions qu'elles se posent.

Les paradigmes pèsent assurément aussi sur les questionnements.

  • Les paradigmes propres à une société profondément marquée par l'individualisme et la compétition, d'abord.
  • Le référentiel de la forme scolaire, qui s'est imposé au cours de l'époque moderne, ensuite.
  • Et, last but not least, les territoires disciplinaires segmentés de la science, qui demeurent très structurants en dépit des appels à l'interdisciplinarité.

Ce congrès AREF 2016 est donc l'occasion donnée aux chercheurs et chercheuses de comprendre ce qui cadre leurs questions de recherche.

Evaluer

Le congrès est aussi l'occasion de s'interroger sur les effets de tels cadrages. N'y a-t-il pas un type de questionnement que la combinaison de ces divers facteurs contribue à privilégier ? Et ce type de questionnement ne privilégie-t-il pas un type de rapport au monde, un type d'acteurs/d’actrices, un type d'interprétation, un type de société et d'Humain ?

Plus précisément, en quoi les questions de recherche que se posent aujourd'hui les chercheurs et chercheuses en éducation et formation ont-elles changé par rapport aux questions qu'ils se posaient voici quelques années ? Les évolutions constatées dans tel ou tel domaine de recherche peuvent-elles être jugées positives ou négatives, en phase ou non avec les changements de contexte, proches des enjeux d'acteurs forts ou d'acteurs faibles, cumulatives ou erratiques ?

Quelques exemples de questions : Les chercheurs et chercheuses tiennent-ils suffisamment compte des évolutions sociétales ou se laissent-ils enfermer dans des traditions de recherche perdant de leur pertinence sociale ? Les nouveaux critères d'évaluation s'imposant aux chercheur-e-s et pesant sur leurs carrières ont-ils des effets positifs ou négatifs sur le type de questions qu'ils se posent ? Ne les amènent-ils pas, par exemple, à négliger les recherches en contexte ou à découper à l'infini le "réel" pour construire des objets de plus en plus circonscrits ? Les questions de recherche sont-elles trop déterminées par les acteurs sociaux puissants, au détriment des acteurs dominés ? Les commanditaires laissent-ils assez de latitude pour "négocier" la question qu'ils posent aux chercheurs et chercheuses ? Les modes de financement conduisent-ils les chercheur-e-s à délaisser des questions de recherche fondamentale ? L'internationalisation et l'anglicisation n'ont-ils pas des effets non souhaitables sur le type de question que nous traitons ? etc.

Proposer

Au-delà de ces deux volets d'un travail réflexif visant à comprendre et à évaluer nos questionnements, il peut aussi y avoir place pour une réflexion plus propositionnelle, si l'évaluation faite au point précédent comporte des aspects négatifs.

Quelques exemples de telles questions… Comment opérer le lien entre des questions et terrains très spécifiques et les questionnements plus transversaux des acteurs ? Comment articuler des recherches qui tentent de s'émanciper des contextes en généralisant des résultats et en isolant l'effet de quelques facteurs avec des pratiques nécessairement contextualisées et influencées par un nombre de variables bien plus grand que celles investiguées ? Comment articuler lignes traditionnelles de recherche et émergence de nouveaux enjeux et défis ? Comment simultanément répondre aux questions des acteurs de terrain et aux exigences des revues de haut rang ? Comment contribuer à une interprétation d'un phénomène complexe sur  la base de recherches parcellisées menées à partir d'angles disciplinaires différents ? Quel équilibre trouver entre la liberté de questionnement du chercheur et les demandes qui leur sont adressées par d'autres catégories d'acteurs ?

Propositions de communication

Le congrès est structuré en symposiums thématiques. Chaque symposium comporte un minimum de deux séances et un maximum de quatre séances de 1h30 chacune. Il est cependant prévu d'organiser des symposiums courts de 2 h. Une plage de 30' est attribuée à chacune des communications, discussion comprise (20' de présentation et 10' de discussion). Le nombre de communications par symposium est fixé de la manière suivante :

  • 3 communications dans un symposium court de 2h ;
  • 5 communications dans un symposium de deux séances de 1h30 ;
  • 7 communications dans un symposium de trois séances de 1h30 ;
  • 10 communications dans un symposium de quatre séances de 1h30.

La plage de temps libre (30 à 60' selon les symposiums) est utilisée librement par les responsables des symposiums pour organiser le traitement du thème transversal.

La langue de communication est le français. Des symposiums pourront néanmoins être tenus en anglais ou être bilingues français/anglais. Les soumissions peuvent être faites dans ces langues mais les conférences et tables rondes se dérouleront en langue française sans traduction simultanée.

Les symposiums sont soit proposés par un groupe de chercheur-e-s, soit constitués par les organisateurs/trices à partir de propositions de communication individuelles. La première formule est encouragée. Des symposiums réunissant exclusivement des doctorant-e-s peuvent être organisés.

Proposition de symposium

Il est demandé aux coordinateurs et coordinatrices de symposium de respecter les consignes suivantes :

  • Titre du symposium.
  • Présentation du symposium en 3.000 à 4.000 signes. Ce texte comportera une présentation de la problématique, et une justification des liens entre communications.
  • Présentation des modalités de traitement de la question transversale. Quelles sont les questions qui seront privilégiées ? comment sera organisé le débat (exposé introductif fait par un des communicants ou par un discutant  externe sur la base des communications ? table-ronde ?...).
  • Champs thématiques (à choisir dans un menu déroulant).
  • Mots-clés pour faciliter l’attribution de la proposition à des experts du champ et établir un lien avec l’actualité de la recherche en éducation et en formation au niveau national ou international.

Proposition de communication individuelle insérée dans un symposium

Les propositions de communication doivent obligatoirement comporter une dimension de recherche. Les types de recherche acceptés sont notamment les recherches de terrain ou expérimentales, les synthèses de littérature, les analyses de pratiques, les évaluations d'outils.

Il est demandé aux auteur-e-s de respecter les consignes suivantes :

  • Titre du symposium dans lequel s'insère cette communication.
  • Titre de la communication.
  • Résumé de la communication (2.000 à 3.000 signes, espaces compris), présentant  le cadre de la recherche (objectif, théorie, contextualisation, question de recherche), la méthodologie, les résultats (éventuellement attendus).
  • Regard réflexif sur la question de recherche en sélectionnant l'une des interrogations évoquées dans le thème transversal du congrès. Enoncer le type d'interrogation qui sera traitée dans le cadre de la communication (100 à 500 signes).
  • Trois références bibliographiques au minimum (normes APA) à inclure après le résumé (non comptées comme signes). Pour préserver l’anonymat, la bibliographie ne doit comporter aucun texte signé ou co-signé par l’un-e des auteur-e-s.
  • Champs thématiques (à choisir dans un menu déroulant).
  • Mots-clés pour faciliter l’attribution de la proposition à des expert-e-s du champ et établir un lien avec l’actualité de la recherche en éducation et en formation au niveau national ou international.

Proposition de communication individuelle isolée

Les propositions de communication doivent obligatoirement comporter une dimension de recherche. Les types de recherche acceptés sont notamment les recherches de terrain ou expérimentales, les synthèses de littérature, les analyses de pratiques, les évaluations d'outils.

Il est demandé aux auteurs de respecter les consignes suivantes :

  • Titre de la communication.
  • Résumé de la communication (4.000 à 5.000 signes, espaces compris), présentant  le cadre de la recherche (objectif, théorie, contextualisation, question de recherche), la méthodologie, les résultats (éventuellement attendus).
  • Regard réflexif sur la question de recherche en sélectionnant l'une des interrogations évoquées dans le thème transversal du congrès. Enoncer le type d'interrogation qui sera traitée dans le cadre de la communication (100 à 500 signes).
  • Trois références bibliographiques au minimum (normes APA) à inclure après le résumé (non comptées comme signes). Pour préserver l’anonymat, la bibliographie ne doit comporter aucun texte signé ou co-signé par l’un des auteurs.
  • Champs thématiques (à choisir dans un menu déroulant).
  • Mots-clés pour faciliter l’attribution de la proposition à des experts du champ et établir un lien avec l’actualité de la recherche en éducation et en formation au niveau national ou international.

Critères d'évaluation

Outre le respect des consignes ci-dessus, la présence d’un corpus (de données empiriques ou non) recueilli, traité et analysé en fonction d’une problématique explicite est également retenue comme un critère d’évaluation.

Les symposiums comptent 3, 5, 7 ou 10 communications avec, dans le premier cas, une plage de 30' et, dans le second cas, une plage de 60' consacrées au thème transversal. Pour leur évaluation, la cohérence du programme sera aussi prise en compte. Pas plus de deux communications de chercheur-e-s issus d'un même centre de recherche.

Les symposiums sont évalués globalement. Mais les évaluateurs/trices peuvent ne pas valider certaines communications au sein d'un symposium.

Une communication compte au maximum 4 auteurs. Un maximum de 2 communications en tant que premier auteur sera accepté.

La communication ne sera inscrite au programme que si au moins un-e des auteur-e-s est inscrit au congrès et a effectué le paiement.

Procédure d'évaluation

Toutes les soumissions doivent être faites sur le site http://www.aref2016.be. Les formulaires de soumission seront disponibles à partir du 1er septembre.

Après une inscription en ligne, vous recevrez un identifiant et un mot de passe et pourrez ensuite soumettre votre proposition.

Deux échéances de soumission sont fixées :

  • 15 novembre  avec réponse pour le 1er février.
  • 10 janvier 31 janvier avec réponse pour le  15 mars 

Toutes les propositions soumises seront expertisées en double aveugle. Les réponses seront consultables sur le site.

Pour toute autre information, se référer au site du colloque.