Pierre-François Coen : "Vulgarisation et médiation scientifique: pratiques de lecture et besoins des lecteurs"

 

Pierre-François Coen dirige aujourd’hui le Service Recherche & Développement de la Haute école pédagogique de Fribourg. Il est également chargé de cours au Département des Sciences de l’éducation de l’Université de Fribourg et à la Haute école de musique de Lausanne. Ses travaux de recherche s’inscrivent dans les domaines des nouvelles technologies, de l’évaluation scolaire et de l’éducation musicale. Préoccupé par des questions liées à la diffusion des résultats de la recherche (notamment dans le milieu de la formation des enseignants), il est membre fondateur et rédacteur en chef de la revue « Formation et pratiques d’enseignement en questions », la revue des Hautes écoles pédagogiques de Suisse romande et du Tessin.


La publication de travaux scientifiques revêt toujours une grande importance pour les chercheurs. Des enjeux importants apparaissent ainsi en termes de reconnaissance, de prestige et de visibilité. Cependant les chercheurs sont également préoccupés par la diffusion de leurs résultats dans les champs professionnels qu’ils étudient. Dès lors, le souci d’être diffusés est souvent remplacé par celui d’être compris. Dans le domaine de l’éducation et de la formation, c’est un défi important car bon nombre d’auteurs constatent que les résultats de la recherche pénètrent très peu et très lentement le champ des professionnels travaillant sur le terrain. En s’appuyant notamment sur une recherche (encore en cours) consacrée aux pratiques de lectures professionnelles chez les enseignants et les formateurs d’enseignants, notre contribution s’interrogera sur plusieurs aspects liés à la vulgarisation et la médiatisation scientifique : 1) la perception des discours scientifiques par les chercheurs et non-chercheurs et 2) la nature des supports et des canaux de diffusion. Nous thématiserons également la question de la formation à la lecture-écriture scientifique dans le contexte de la tertiarisation des institutions de formation d’enseignants. Nous illustrerons notre propos à partir d’éléments issus des archives de la revue « Formation et pratiques d’enseignement en questions », la revue des Hautes écoles pédagogiques de Suisse romande.

Laure Endrizzi a présentée une conférence qui s'intitule "Quels passeurs au service de rapprochements entre recherches et pratiques?"

Laure Endrizzi est membre fondatrice du service « Veille et analyses » de l’Institut français de l’éducation (IFÉ), intégré en 2011 à l’École normale supérieure de Lyon. Depuis 2004, ses activités se traduisent par une surveillance continue des productions de recherche, françaises et internationales, et par la réalisation de revues de littérature autour de questions vives en éducation. Ses domaines de prédilection portent sur les dynamiques d’enseignement et d’apprentissage dans le supérieur, les TIC et la culture numérique, l’orientation scolaire et la transition secondaire-supérieur, la qualité des recherches et leurs modes de diffusion et d’appropriation. Forte d’une spécialisation progressive de ses travaux sur les questions d’enseignement supérieur, Laure s’est investie dans la relance de la section française de l’AIPU, dont elle occupe, depuis décembre 2013, le poste de secrétaire.

La « vulgarisation » serait-elle l’apanage exclusif des chercheurs ? Politistes et praticiens n’auraient-ils qu’à se nourrir de ces résultats de recherche vulgarisés pour optimiser leur activité ? Au-delà du discours commun, l’utilisation des recherches est loin de s’inscrire dans un cercle vertueux et nombre de travaux scientifiques récents mettent en évidence la complexité des liens entre recherche, politique et pratique. Si les tensions entre les différentes cultures professionnelles sont irréductibles, il importe, en ces temps où l’évaluation, sous toutes ses formes, investit tous les pans de l’activité universitaire, de ne pas surestimer la séparation entre production et utilisation de la recherche et de sortir d’une vision « mécaniste » de la vulgarisation pour appréhender de façon plus dynamique les contextes de production et de mobilisation des connaissances. Ainsi, des lieux ou des espaces tiers apparaissent, produisant des zones de questionnements partagés entre chercheurs et praticiens, à l’initiative ou avec le soutien de différentes organisations jouant un rôle de « passeurs ». En nous appuyant sur la littérature  cientifique et sur l’expérience du service Veille et analyses de l’Institut français de l’éducation, nous tenterons dans cette intervention de caractériser ces contextes de médiation.

 

La vidéo de cette conférence ainsi que le Power-Point sont disponible ci-dessous.

 

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